3e rencontre annuelle des lauréats Deffinov

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Cédille Tour 2026 : Châteaudouble
3 juillet 2026
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DEFFINOV, quatre ans après : ce que la Drôme a appris en formant dans ses tiers-lieux

Le 6 juillet 2026, les consortiums lauréats de l’appel à projet DEFFINOV d’AuRA se sont réunis à l’Hôtel de Région à Lyon pour partager leurs résultats, capitaliser sur leurs expérimentations et préparer l’avenir de ces coopérations. Une journée qui confirme l’utilité des actions menées depuis plusieurs années par Cédille.

DEFFINOV : expérimenter la formation de demain

Lancé par l’État, le programme DEFFINOV accompagne des projets innovants visant à rapprocher la formation des habitants en s’appuyant sur les tiers-lieux.

Au-delà du financement de nouvelles actions, l’ambition est de faire émerger des méthodes reproductibles qui répondent à plusieurs défis :

  • rapprocher la formation des territoires ruraux et périurbains ;
  • développer des pédagogies plus concrètes et collaboratives ;
  • renforcer les coopérations entre organismes de formation, entreprises, collectivités et tiers-lieux ;
  • favoriser l’accès à l’emploi grâce à des parcours mieux adaptés aux besoins locaux.

La rencontre régionale organisée en juillet avait à ce titre pour objectif de capitaliser sur ces expérimentations afin d’en diffuser les enseignements.

Former autrement, au plus près des territoires

Et si la meilleure salle de formation n’était pas une salle de formation ? En 2022, le réseau Cédille (porté par Le Moulin Digital, avec le 8 Fablab, Les Tracols et ASOFT Nyons Numérique) a fait un pari. Plutôt que de faire se déplacer les Drômois vers l’offre, faire venir l’offre dans des lieux où l’attention est portée sur l’accessibilité et l’horizontalité des relations formateur-apprenant.

Intitulé « Les campus ruraux : se former près de chez soi », le dispositif Cédille a connu un foisonnement d’actions qui prendront fin à la fin de l’année. L’une des spécificités du projet est de ne pas considérer la formation comme un simple temps pédagogique. Cette rencontre a été l’occasion de regarder, chiffres à l’appui, ce que quatre ans de terrain ont réellement changé.

Également, on a pu observer des passerelles nombreuses avec les projets des autres tiers-lieux présents.

En effet, les tiers-lieux interviennent tout au long du parcours :

  • en aidant les personnes à découvrir des métiers avant de s’engager ;
  • en proposant des mises en situation concrètes dans leurs ateliers, fablabs ou espaces collaboratifs ;
  • en accompagnant individuellement les apprenants ;
  • en mobilisant leur réseau d’entreprises et d’employeurs locaux pour favoriser l’insertion professionnelle.

Cette approche contribue à limiter les abandons de formation tout en facilitant l’accès à l’emploi.

Face à ces constats, le consortium a construit une réponse simple : proposer la bonne formation, au bon endroit, avec les bons partenaires.

Répondre à des besoins bien identifiés

Le projet est le résultat d’un travail de concertation mené avec France Travail, les Missions Locales, Cap Emploi, des collectivités, des entreprises, des organismes de formation et les tiers-lieux drômois.

À partir de là, plusieurs constats sont ressortis :

  • une offre de formation parfois difficile à identifier ;
  • une concentration des formations dans les grandes agglomérations ;
  • des difficultés de mobilité, particulièrement en milieu rural ;
  • des entreprises confrontées à des tensions de recrutement ;
  • un manque de coopération entre les acteurs de l’emploi, de la formation et du développement territorial.

Dans certains territoires ruraux, un trajet de seulement 25 kilomètres peut nécessiter plus d’une heure de transport en commun, constituant un frein majeur à l’accès à la formation.

Les tiers-lieux, des accélérateurs de parcours

Les résultats nationaux présentés par France Tiers-Lieux lors de la rencontre régionale sont encourageants :

  • plus de 3 600 actions de formation menées ;
  • 82 % des consortiums mutualisent leurs ressources pédagogiques ;
  • 82 % développent des coopérations pour orienter les publics ;
  • près de 30 % des apprenants accèdent directement à un emploi, tandis qu’une majorité poursuit son parcours de formation.

Au-delà des chiffres, ces expérimentations montrent que les tiers-lieux créent des parcours plus accessibles, plus humains et plus ancrés dans les réalités locales.

Coopérer pour construire des solutions durables

Les ateliers de la journée ont également mis en évidence un enjeu majeur : pérenniser les coopérations créées grâce à DEFFINOV.

Pour exemples, mutualisation des ressources pédagogiques, partage d’outils numériques, Open Badges, coopération européenne, animation de communautés de pratiques… autant de pistes qui prolongent une dynamique déjà engagée au sein du réseau Cédille.

Cette logique de coopération est également au cœur du projet initial, qui visait à décloisonner les mondes de la formation, de l’emploi et des tiers-lieux afin de construire une véritable ingénierie territoriale.

Penser la robustesse plutôt que la seule performance

La conférence de Sana Dieudonné, PhD a apporté une lecture inspirante pour les acteurs des tiers-lieux.

Face aux défis sociaux, économiques et écologiques, elle invite à privilégier la robustesse plutôt que la seule recherche de performance. Il faut développer des organisations capables de coopérer, de s’adapter aux changements et de créer des réponses durables.

Une vision qui résonne pleinement avec les valeurs portées par Cédille, où la coopération, la diversité des acteurs, l’expérimentation et l’ancrage territorial constituent les fondements d’une innovation utile et au service de l’intérêt général.

Et après DEFFINOV ?

Le dispositif régional touche à sa fin, mais la question qui a occupé une bonne partie des ateliers de l’après-midi porte déjà sur la suite : comment pérenniser sans le filet de l’appel à projets ?

Deux pistes se dessinent. D’abord, mutualiser davantage entre lauréats de la région : bibliothèque commune de ressources, animation de temps de bilan partagés, ouverture aux nouveaux entrants. Ensuite, faire reconnaître le concept même de tiers-lieu de formation au niveau européen, à l’heure où les futures programmations post-2027 redessinent les contours du FEDER et des fonds structurels. Sans cette reconnaissance, les tiers-lieux risquent de rester dans une zone grise administrative qui complique l’accès aux financements de demain.

Pour le réseau Cédille, quatre ans après avoir parié sur la proximité, force est de constater que se former près de chez soi n’est pas un compromis, mais un modèle. Parmi les réussites sources d’espoir pour la suite, la création d’une relation de confiance et de projet avec les acteurs de la formation, soutenants et enthousiastes.

© Région Auvergne-Rhône-Alpes / Kevin Carpin

Ressources utiles de la journée :